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Prévenir les facteurs de risques chez la personne détenue

Prévenir les facteurs de risques chez la personne détenue

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Les problématiques de santé en milieu carcéral, majorées par la sédentarité et l’alimentation

Depuis 1994, le service public hospitalier prend en charge les personnes sous main de justice. Une Unité Sanitaire : Unité de Consultation et de Soins Ambulatoires (UCSA) a été créée par le Groupe Hospitalier de La Rochelle-Ré-Aunis au sein de la Maison Centrale de Saint-Martin de Ré. L’équipe pluridisciplinaire de santé s’est attachée rapidement à dépister et prévenir les facteurs de risques majorés par la détention : sédentarité, isolement, alimentation, maladies chroniques…

Une enquête nationale de 2012 sur l’état de santé des personnes détenues, montrait qu’une alimentation non équilibrée et une sédentarité (souvent subie) étaient à l’origine de problèmes de santé et d’apparition de maladies chroniques.

Face à ce constat, le Conseil National de l’Alimentation, instance consultative a émis des recommandations à destination des pouvoirs publics et identifié 4 thèmes :

  • > Améliorer l’offre alimentaire
  • > Réviser les règles du cantinage
  • > Mieux connaître les besoins nutritionnels des personnes détenues
  • > Envisager l’alimentation comme outil de réinsertion professionnelle.

Sur la base des constats posés sur l’alimentation en détention, le CNA a émis 7 recommandations :

  • 1. Connaitre et mesurer les besoins nutritionnels, les pratiques de consommation et les attentes des personnes détenues
  • 2. Définir les prescriptions et règles nutritionnelles de la restauration collective
  • 3. Permettre aux personnes détenues de s’approprier leur alimentation
  • 4. Améliorer l’offre des produits de « cantine » et des aides au choix
  • 5. Sensibiliser et informer sur la diététique
  • 6. Prendre en compte la situation des personnes nécessitant une alimentation spécifique
  • 7. Accroitre le rôle de l’alimentation dans les processus de réinsertion professionnelle et sociale

La Maison Centrale de Saint-Martin de Ré, en partenariat avec le Club Experts Nutrition et Alimentation (C.E.N.A.), et l’US (Unité Sanitaire) a mis en place un projet d’éducation au travers « d’ateliers cuisine » et d’information sur l’alimentation.
Ce projet co-animé par l’Administration Pénitentiaire, l’US et le CENA, financé par l’ARS, s’inscrit dans le cadre du programme « Parcours Santé Nutrition en Détention » sur la période 2015-2018. Le but est d’observer les effets du programme en matière de pratiques alimentaires, de pratiques sportives, de coopérations professionnelles et d’analyse des résultats.

Le projet Maison Centrale / Unité Sanitaire

Les infirmier(ère)s du GHLR affecté(e)s à l’US, ont pour mission de « dispenser les soins aux personnes détenues mais aussi de participer aux actions de prévention et d’éducation pour la santé ».

A la fin de chaque atelier pour les « apprentis cuisiniers », les soignants abordent les facteurs de risques à l’origine de pathologies chroniques (diabète, surpoids, hypertension) et une réflexion sur l’équilibre alimentaire comme : l’utilisation des matières grasses, du sel, des épices, du sucre….

Ce groupe d’une dizaine de personnes détenues a été sélectionné par l’administration pénitentiaire et l’équipe paramédicale, le niveau de sécurité imposant certaines restrictions. Il se retrouve à la cuisine centrale de la Caserne  tous les 15 jours sous la responsabilité d’un cuisiner formateur (de  l’administration pénitentiaire), accompagné d’une infirmière de l’US.

Parfaitement autonome, le groupe a réalisé une trentaine de recettes, avec des produits disponibles sur les bons de « cantinage ». Les personnes impliquées ont partagé leurs connaissances et leur culture, puis réinvesti ces recettes et les informations au sein de la détention.

Ces « ateliers » favorisent le métissage culturel alimentaire existant en milieu carcéral, ils permettent d’améliorer, par des gestes simples, le repas « ordinaire » proposé, mais aussi de mieux adapter l’offre aux besoins nutritionnels de chaque personne détenue. Nous  prenons en compte leurs attentes, en termes d’offre alimentaire pour le « cantinage » et nous les sensibilisons aux facteurs de risques liés à l’alimentation.
Ces échanges sont aussi le moyen de briser l’isolement, la sédentarité, de retisser un lien social dans l’écoute, le respect, le partage, l’apprentissage, en vue d’une réinsertion sociale prochaine. Les valeurs et l’information véhiculées améliorent les contacts et la communication entre les différents protagonistes et peuvent modifier en profondeur l’image qu’ont les personnes incarcérées sur les autres et sur eux-mêmes.